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Les sens cachés de la Grande Tour de Babel de Brueghel l’ancien

la tour de babel brueghel l'ancien

Pieter Brueghel l’Ancien est considéré comme l’un des maîtres de l’École Flamande. On sait peu de choses de sa vie qui a été très peu documentée : on estime sa naissance autour de 1525 et sa mort en 1569. Après avoir étudié en Italie, il s’installe à Anvers puis à Bruxelles. Son œuvre présente aussi bien des scènes bibliques ou mythologiques que des scènes quotidiennes.

L’un de ses tableaux les plus célèbres, la Grande Tour de Babel , présente l’épisode biblique de la construction de la tour éponyme avec pour décor la ville d’Anvers. Zoom sur les sens cachés d’un tableau aussi beau que passionnant.

Quelle est l’histoire de la tour de Babel ?

La Bible raconte que peu après le Déluge, tandis que les hommes parlaient tous la même langue, le roi Nemrod de Babylone voulut faire construire une tour qui toucherait le ciel : 

“Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.” – Genèse 11,4

Mais pour le punir de sa vanité, Dieu dota les ouvriers de langues différentes afin qu’ils ne puissent plus se comprendre et que le chantier s’arrête.

“L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre et leur donna tous un langage différent ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre” – Genèse 11,5-9

Que représente la Grande Tour de Babel de Brueghel ?

Le maître flamand a représenté cette célèbre légende biblique. La tour est bien sûr l’élément central de son tableau, on la voit s’élever jusqu’au ciel avec une structure de plus en plus instable à mesure qu’elle s’approche des nuages. Tout autour, une ville qui nous apparaît minuscule sert à donner la mesure de la grandeur de la tour.

Pieter Brueghel l'Ancien, la Grande Tour de Babel

En bas à gauche, le roi Nemrod effectue une visite du chantier. Il est accompagné de son architecte et des gardes tandis que les tailleurs de pierre lui rendent hommage.

Les sens cachés de La Grande Tour de Babel de Brueghel l'Ancien

A l’horizon, la nature s’étend à perte de vue : champs, vallées, forêts, prairies et cours d’eau dressent le panorama des merveilles de notre Terre et soulignent la beauté de la création divine, en opposition à l’œuvre humaine gigantesque mais pourtant vaine.

Les sens cachés de la Grande Tour de Babel de Brueghel l'ancien 1

Une merveilleuse représentation de la vie du peuple

Mais le plus intéressant dans ce tableau, ce sont ses très nombreux détails. Si vous prenez le temps de l’étudier de près, vous remarquerez des tas de personnages en train de s’affairer sur et autour de la tour.

En représentant les nombreux ouvriers de la tour, Brueghel a surtout dressé une représentation merveilleuse des artisans de la ville d’Anvers au XVIe siècle. Regardez bien : vous y verrez de nombreuses techniques, plusieurs corps de métiers (tailleurs de pierre, maçons…) ainsi que des machines de construction.

Les sens cachés de la Grande Tour de Babel de Brueghel l'ancien 3

Quels sont les sens cachés de ce tableau ?

Pour créer cette toile, Brueghel s’est inspiré de son époque. Le roi Nemrod habillé à la mode de la Renaissance est une évocation du roi Philippe II d’Espagne qui régnait alors du les Pays-Bas.

Analyse du tableau La Grande Tour de Babel de Brueghel l'Ancien

L’architecture de la tour serait inspirée du Colisée de Rome qui était déjà en Ruine au XVIe siècle et qui a pu servir de modèle pour la tour délabrée.

Colisée de Rome

Le mur d’enceinte qui entoure la ville est celui d’Anvers où vivait Brueghel. La ville était alors une puissante cité en pleine expansion qui accueillait de nombreux voyageurs et faisait donc face à un important mélange des langues. Il est possible que l’artiste se soit interrogé sur les ressemblances entre Babel et Anvers.

Carte de la ville d'Anvers en 1740

Où peut-on voir ce tableau ?

Ce tableau est conservé au Kunsthistorisches Museum (musée d’Histoire de l’art) de Vienne, en Autriche. En attendant de pouvoir y aller, vous pouvez l’observer dans les moindres détails sur le site de Google Arts and Culture qui en propose une version numérisée en très haute définition.

Découvrir la tour de Babel de Brueghel en 1 minute

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Des personnes ont réagi à cet article

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La très intelligente concision de l\’article et de la vidéo est magistrale : on y apprend suffisamment pour avoir envie d\’en apprendre plus. Merci.

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Un très grand merci pour votre commentaire qui me motive à continuer à proposer des zoom de ce genre sur d\’autres œuvres ! 🙂

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The Tower of Babel

1563, Artist: Pieter Bruegel d. Ä.

Bruegel’s monumental composition became the most famous, most often copied and varied classic depiction of the tower. Perspective is provided by the seemingly Flemish port which seems tiny in comparison with the tower. Painstakingly, and in encyclopaedic detail, Bruegel depicts countless technical and craftsmanship processes. He blends elements from antique and Romanesque architecture in the stone structure around the building’s exterior.

Object data

Classification, object name.

Netherlandish

Pieter Bruegel d. Ä. (um 1525/30 Breugel oder Antwerpen? - 1569 Brüssel) - GND

Overall: 114,4 cm × 155,5 cm × 3,8 cm Framed: 135 cm × 176 cm × 6,5 cm

Designated at the bottom of a cuboid: BRVEGEL. FE. M.CCCCC.LXIII

Image rights

Kunsthistorisches Museum Wien, Gemäldegalerie

Gemäldegalerie, 1026

1566 Nicolaas Jongelinck; probably passed into the possession of the city of Antwerp in 1566; Rudolf II; Coll. Leopold Wilhelm

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The Tower of Babel

Pieter bruegel the elder 1563, kunsthistorisches museum wien vienna, austria.

“[…] Go to, let us build us a city and a tower , whose top may reach unto heaven;and let us make us a name […]. And the LORD came down to see the city and the tower […]. And he said: […] let us go down, and there confound their language, that they may not understand one nother’s speech. […] and they left off to build the city.” (Gen. 11:4–8.) King Nimrod, who appears as builder along with his entourage at the bottom left of the painting, is not mentioned in the biblical text. Only the Jewish historian Flavius Josephus, who collaborated with the Romans, combined records from different sources to create the legend that became accepted (Antiquitates Judaica I,4; 93–94 AD). In the book illumination of the Early and High Middle Ages, local buildings that were less than monumental were used as models for the architecture of the Tower of Babel. Starring in the 16th century, artists orientated themselves on the Mesopotamian type of step-shaped ziggurat (temple tower), which, however, was rectangular rather than round. Bruegel ’s monumental composition had several forerunners in Netherlandish painting, but his work became the most famous classic among the Tower of Babel depictions and was frequently copied in many different variations. The sense of scale is provided by the flemish-style port city, which is impressively tiny in comparison to the tower. With meticulous precision and encyclopaedic interest Bruegel depicts an abundance of technical and mechanical details, from the supply of the building materials in the busy harbour to the various cranes and the scaffolding on the unfinished brick foundation. He sets the workers’ dwellings into the stone outer structure, which blends elements of classical with Romanesque architecture , and they appear to be more than merely temporary. By anchoring the building on the rocky slope, Bruegel creates the impression of static equilibrium. Reaching up to the clouds, the building, however, is optically distorted and appears to have slightly sunk into the ground on the left side. This is an artistic gesture, on the one hand enhancing the impression of the building’s monumentality, and on the other hand alluding to human hubris and the impossibility of completing the tower because “the Lord confused the language of all the earth”. (Gen. 11:9.) © Cäcilia Bischoff, Masterpieces of the Picture Gallery. A Brief Guide to the Kunsthistorisches Museum, Vienna 2010

  • Title: The Tower of Babel
  • Creator: Pieter Bruegel the Elder
  • Creator Lifespan: ca. 1526/30 - 1569
  • Creator Nationality: flemish
  • Creator Gender: male
  • Creator Death Place: Brussels
  • Creator Birth Place: Breda ?
  • Date Created: 1563
  • Style: flemish Mannerism
  • Provenance: Collection of Emperor Rudolf II.
  • Physical Dimensions: w155 x h114 cm
  • Inventory Number: GG 1026
  • Type: painting
  • Medium: Oil on Wood

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la tour de babel brueghel l'ancien

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"La tour de Babel" de Pieter Brueghel l’Ancien

"La tour de Babel" de Pieter Brueghel l’Ancien

L'artiste qui a peint cette toile est un des premiers peintres de l’école Flamande à réaliser des œuvres qui ne sont pas religieuses. La tour de Babel est un tableau peint par Pieter Brueghel l’Ancien en 1563.

la tour de babel brueghel l'ancien

D’après la Bible , dans l’Orient antique, des hommes ont tenté de créer la tour de Babel pour toucher le ciel. Dieu les auraient punit en créant la diversité des langues pour que les bâtisseurs ne puissent plus continuer les travaux. C’est cette scène biblique que représente l'artiste. Au premier plan, le roi à l'origine de la construction regarde l’avancée des travaux. Des habitants se prosternent devant lui comme le faisaient les populations d’Orient mais ils sont habillés avec des vêtements datant du 16e siècle. Au second plan, l’artiste reproduit les outils des chantiers de son époque sur la tour. La grue, les échafaudages, le système de levage et les matériaux acheminés par bateaux. La tour penche vers la gauche. Avec cette inclinaison Brueghel signifie que le chantier est un échec dû à des erreurs de conception et non pas aux problèmes de communications entre ouvriers.

la tour de babel brueghel l'ancien

Brueghel réfute la parole divine. Au troisième plan une grande ville s’étend. Son architecture rappelle celle des cités flamandes du 16e siècle. Quant au paysage il semble plus verdoyant que désertique. On est loin de l’environnement du Proche Orient antique. On retrouve dans cette toile la signature du peintre flamand qui préfère représenter des scènes urbaines au lieu des scènes religieuses. Une révolution pour l’époque !

« La Tour de Babel » de Bruegel : une œuvre pleine de secrets !

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Le maître flamand met en scène la célèbre légende biblique, pour mieux nous montrer la vie quotidienne trépidante d’une cité du XVIe siècle.

Quel foisonnement ! Vers l’an 1500, l’esprit de la Renaissance gagne les Flandres. Pétris de culture italienne, les artistes des Pays-Bas méridionaux (l’actuelle Belgique ) revisitent l’art et les thèmes de l’Antiquité . Parmi eux, Pieter Bruegel , dit Bruegel l’Ancien. On sait peu de choses de sa vie: né vers 1525, il part étudier l’art en Italie, en1552, avant de s’établir à Anvers, puis à Bruxelles. Dans son œuvre, des scènes quotidiennes (récoltes aux champs, danses villageoises…) alternent avec de grands épisodes mythologiques ou bibliques, tels la chute d’Icare ou le chemin de croix de Jésus . Mais même ces sujets intemporels sont traités avec familiarité, sans aucune emphase, comme s’ils se déroulaient au coin de la rue. C’est tout le génie de Bruegel et c’est le cas dans ce tableau, peint en 1563. Il y raconte un épisode de la Bible , la construction de la tour de Babel , en le situant dans le décor quotidien de sa propre ville, Anvers. Pourquoi ? Décryptage.

la tour de babel brueghel l'ancien

1 Quelle est l’histoire de la tour de Babel ?

Elle apparaît dans la Genèse, le premier livre de la Bible. Peu après le Déluge , le roi Nemrod de Babylone décide de bâtir une tour touchant les cieux. Pour le punir de sa vanité, Dieu dote soudain les ouvriers de langues différentes. Ainsi, ils ne peuvent plus se parler ni travailler ensemble. Le chantier part à vau-l’eau… La tour est le personnage central du tableau. Et le regard du spectateur doit surplomber l’horizon, pour l’embrasser. Voyez d’ailleurs comme les humains sont petits à côté d’elle !

2 D’où lui vient cette apparence antique ?

Selon la plupart des historiens de l’art, Bruegel s’est inspiré du Colisée, encore présent aujourd’hui à Rome. On retrouve par exemple ses doubles arcades, sur les façades. Déjà en ruines au XVIe siècle, le monument romain a servi de modèle pour figurer la tour ravagée de la Bible. Notez comme elle semble près de s’effondrer, avec sa base bancale, son sommet éventré et ses pierres effritées.

3 Qui est ce personnage, en bas à gauche, vêtu d’une cape ?

C’est le roi Nemrod, présenté dans la Genèse comme un puissant chasseur se comparant à Dieu. Il effectue ici une visite de son chantier. Accompagné de son architecte et de ses gardes, il reçoit l’hommage des tailleurs de pierre, qui se prosternent à ses pieds. Mais Bruegel évoque aussi, via ce personnage habillé à la mode de la Renaissance, le roi Philippe II d’Espagne. À l’époque où l’artiste réalise ce tableau, ce souverain fanatique et intolérant règne sur les Pays-Bas.

4 Pourquoi ce mur d’enceinte autour de la cité ?

Regardez bien, il n’est pas facile à repérer : il passe à gauche de la tour, dans le lointain, derrière les maisons. Il a été construit en 1542 autour d’Anvers, après que la ville s’est étendue sous le règne de Charles-Quint. Dans ce port, plaque tournante de l’Europe au XVIe siècle, les nouvelles constructions se multiplient. En témoigne, à gauche, cet enchevêtrement de toits ocre et bleus. En choisissant de camper là sa tour, Bruegel l’Ancien s’interroge sur l’avenir de sa ville. Anvers et Babel ne présentent-elles pas nombre de points communs ? Même essor démesuré, même multilinguisme, des voyageurs du monde entier commerçant dans la cité flamande. Et, peut-être, même chaos final…

5 Que figurent ces hommes-fourmis partout affairés ?

Ils ont un double rôle. Ils représentent d’une part les ouvriers de la tour, et d’autre part les artisans d’Anvers, au XVIe siècle : maçons, tailleurs de pierre… Chaque scène détaille leurs techniques de construction. Sur la route, en bas, des ânes tirent des charrettes ; à mi-hauteur de la tour, sur la droite, une grue permet de hisser des blocs de pierre ; à côté, à l’étage inférieur, un ouvrier grimpe sur une échelle. Quelle précision ! Le peintre saisit à merveille la vie quotidienne du peuple dans toute sa diversité.

6 Que révèle ce paysage à perte de vue ?

Voyez le cours de l’Escaut qui serpente dans la campagne jusqu’à la ligne d’horizon, et les montagnes qui se diluent dans une lumière bleutée. Pieter Bruegel nous livre ici sa vision profonde de la beauté de la nature, une perspective infinie de vallées, forêts, champs, prairies, cols enveloppés de tons bleus et verts. Ce décor cosmique où l’eau, le ciel et la terre se rejoignent prétend offrir au spectateur un condensé des splendeurs de la planète : voilà pourquoi ce genre de panoramas, né dans les Flandres du XVIe siècle, sera appelé « paysage-monde ». Quel contraste entre cette création divine, toujours renaissante et apaisée, et la tour de Babel, œuvre humaine à la fois gigantesque et dérisoire…

Bruegel. Unseen Masterpieces Une exposition virtuelle d’œuvres en trois dimensions, organisée par les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. À Bruxelles jusqu’au 16 mars 2020 ou sur Internet : google.com/culturalinstitute/bruegel/

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[Analyse] Bruegel et le mystère de Babel

La Grande tour de Babel par Pieter Brueghel l'Ancien (vers 1563), huile sur bois, 114 × 155 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne (Autriche). Source : Wikipédia

Pour célébrer le 450e anniversaire de la mort de la mort du peintre Bruegel (Pieter Brueghel l’Ancien, 1525-1569) , auquel le Kunsthistorisches Museum de Vienne décide de consacrer une grande exposition, les éditions Taschen ont publié un magnifique ouvrage 1 . Les auteurs de ce grand livre sur l’œuvre de Bruegel sont Jürgen Müller (auteur de nombreux essais sur l’art et le cinéma) et Thomas Schauerte qui dirige la maison Albrecht Dürer, le musée de la Ville et les collections d’art de la ville de Nuremberg. En feuilletant ce somptueux et imposant livre , la fascination exercée par les tableaux du peintre flamand redouble. Fourmillant de détails, son fameux ensemble sur les saisons (dont les chasseurs dans la neige) et son incroyable représentation de La G rande tour de Babel (1563) immergent le spectateur dans un monde fantasmé de la Renaissance. Arrêtons-nous devant la grande tour en construction pour tenter de décrypter ce tableau et mieux comprendre le pouvoir de fascination du mythe de la verticalité ultime qu’il représente, censée « reconstituer l’axe entre le Ciel et la Terre, axe qui avait été brisé par le péché originel », comme le rappelle Patrice de Moncan dans Villes utopiques, villes rêvées 2 .

Le mythe de la construction de la tour de Babel dans la Bible

Le mythe de la tour de Babel est issu de la plus ancienne des compilations de récits populaires évoquant les origines d’Israël, qui ont été « enchevêtrées de manière malhabile dans les cinq premiers livres de la Bible » explique Paul Zumthor dans Babel ou l’inachèvement 3 . Cette compilation de mythes fut vraisemblablement l’œuvre de scribes Israélites en Babylone, au cours du V e siècle avant J-C. Voici les neuf versets de la Genèse racontant le drame de Babel :

Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’Orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar 4 et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! » La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! » Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : « Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. » Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la face de la terre. 5

La plaine de Shinéar vue par Bruegel ressemble à s'y méprendre à la campagne idéale de l'Europe de la Renaissance (détail de la Grande tour de Babel).

Afin d’expliquer la constitution du mythe de Babel, l’écrivain Juan Benet postule que les élévations artificielles des ziggurats (nombreuses en Mésopotamie) furent opposées aux montagnes où, selon la Bible, le peuple Hébreu trouva le salut après le Déluge et reçut les Lois après l’Exode. Babylone était ainsi dominée par une grande ziggurat à base carrée décrite par Hérodote, l’ Etemenanki (« la maison-fondement du ciel et de la terre ») dédiée au dieu Mardouk, résidant à son sommet lors de ses passages sur Terre.

Maquette proposant une reconstitution de la ziggurat de Babylone (selon les travaux de H. Schmid), Pergamon Museum. Source : Wikipédia

S’inspirant sans doute des constructions de l’oppresseur babylonien, la tour de Babel opère donc comme un double négatif des sommets permettant l’intercession avec le Créateur : « Pour l’Hébreu, qui avait reçu ses dogmes d’une montagne sacrée, inaccessible, où son regard revenait se poser pour fortifier sa foi, un tel simulacre du pouvoir divin était le comble du blasphème, et il devait lui falloir à tout prix se représenter constamment l’écroulement de la tour pour consoler son esprit 6 » .

Les gloses hébraïques puis chrétiennes associèrent explicitement Babel à Babylone en ajoutant au récit biblique un roi ordonnateur de la construction de la tour : le roi babylonien Nimrod . C’est lui que Bruegel représente au premier plan de sa Grande tour de Babel .

Le roi babylonien Nimrod et sa suite (détail de la Grande tour de Babel).

Babel, et tour : urbanité, orgueil et confusion

Le fourmillement du tableau rappelle que l’entreprise nécessitait une grande concentration d’ouvriers, dont la compréhension était possible parce que leur langue était unique. La tour de Babel dominait une ville où habitaient ingénieurs, ouvriers et familles, entièrement mobilisée par l’entreprise titanesque. De fait, autant qu’un récit mythique expliquant la multiplicité des langues comme conséquence du reniement des commandements divins, le récit de la construction de la tour de Babel est aussi une allégorie de l’urbanité . L’entreprise maudite a été possible uniquement parce que les hommes ont décidé de se réunir en un même lieu au lieu de se disperser sur la Terre comme le leur avait demandé Yahvé ( Genèse , 9). Le récit de la Genèse présente indéniablement la double édification de la ville et de la tour comme néfaste, mais « elle n’est l’objet que d’une malédiction ponctuelle, dont rien n’indique qu’elle porte sur la civilisation urbaine en tant que telle » insiste Paul Zumthor : tout au plus Iahvé « sent un malaise, se prémunit contre un danger possible 7 ».

Détail de la ville de Babel dans le tableau de Brueghel.

La puissance du mythe de Babel réside dans ce qu’il ne dit pas, ou si peu. Ainsi, des motivations des constructeurs ( « se faire un nom » ), qui furent le sujet de bien des gloses. Il est ainsi possible d’imaginer comme Paul Zumthor qu’en chaque homme ayant entrepris la construction de Babel avait percé une crainte depuis le Déluge, car « la force que leur confère leur unanimité ne leur appartient pas en propre ; elle peut leur être retirée, et contre cette menace l’instinct de conservation se raidit. D’où le projet de construire une ville et d’édifier une tour qui leur sera signe de ralliement, certes, mais gage aussi d’une qualité immatérielle, suggérée par le nom qu’ils veulent se faire. 8 » Le mythe de la tour de Babel peut ainsi être considéré comme une allégorie de la condition humaine . Paul Zumthor écrit à ce propos :

Le nom est une parole appliquée à un être ou à une chose et qui dès lors est la sienne, constitutive de son essence, lui conférant un pouvoir, signifiant intérieurement un appel à la vie. « Se faire » un nom à soi-même, de la part d’un peuple comme celle d’un héros, c’est revendiquer son droit à l’existence, affirmer l’éternité d’une présence active parmi les communautés humaines et au regard des dieux : ce que nous appellerions entrer dans l’Histoire. 9

Détail de la Grande tour de Babel par Bruegel montrant le travail harassant de quelques ouvriers.

Entrer dans l’histoire en bâtissant des villes et des tours, en défiant le ciel. La construction de la tour ne débouche pas sur une rencontre avec Dieu au terme de laquelle les hommes seraient récompensés par une reconnaissance de leur « nom » , mais par la dissolution de leur communauté. Ceux qui se sont réunis ont été dispersés, laissant la tour de Babel inachevée ; ceux qui voulaient « se faire un nom » ne peuvent plus se comprendre. Multiplicité des langues et confusion des hommes s’expliquent par le mythe. Des commentaires hébraïques postérieurs à la Bible ajoutent que les hommes perdirent la mémoire après avoir été dispersés. Cette perte de mémoire, c’est ce Big Bang linguistique que tant de chercheurs ont tenté d’étudier, en quête de la langue originelle des hommes : le langage est comme « une matrice dont on ne naît jamais 10 » écrit Paul Zumthor.

La représentation de la tour de Babel par Bruegel, à l’ère du protestantisme

Comme nous l’avons constaté, invoquer l’image de la tour de Babel possède de multiples implications, selon le niveau de lecture du mythe. S’y ajoutent les allégories potentiellement contenues dans les représentations peintes par Bruegel et ses contemporains, qui témoignent autant de leur interprétation du récit biblique que des préoccupations sociales et politiques de son temps. Pourquoi représenter le mythe de Babel à la Renaissance ? Patrice de Moncan postule dans « une époque vouée au dépassement intellectuel, technique, artistique, à l’accumulation des connaissances, à la découverte du monde et à la construction d’œuvres monumentales (les châteaux, les villes-forteresses), la Tour de Babel symbolise à la fois l’énormité de certaines entreprises colossales et le défi spirituel engendré par le progrès 11 » . Cette ambivalence est essentielle : la Grande tour de Babel est à la fois une exaltation grandiose des techniques permettant la réalisation des entreprises humaines et la dénonciation implicite de l’orgueil, ainsi que du pouvoir absolu incarné par le roi Nimrod.

Une machine de levage à roue (détail de la Grande tour de Babel).

Le grand tableau de la Tour de Babel de Bruegel peut être perçu en effet comme une allégorie de l’innovation technologique dans la mesure où il « présente une encyclopédie des corps de métier engagés à l’époque dans le bâtiment […]. Un inventaire en quelque sorte de l’art architectural, comme il y avait eu celui des proverbes et des jeux d’enfants 12 » comme l’écrivent Philippe et Françoise Roberts-Jones . Un inventaire au sous-texte politique, semble-t-il : selon Elliston Weiner , Bruegel s’est inspiré du Colisée (associé au martyr des premiers chrétiens) et du projet d’ Antonio Da Sangallo pour la coupole Saint-Pierre de Rome ; l’oppression des Réformés par le catholicisme romain serait ainsi figurée par ces références architecturales. Rappelons en effet que Bruegel exerçait dans un pays Protestant. Sa Grande tour de Babel peut être lue comme une allégorie de la Rome papiste ayant perverti la mission de Pierre, le rocher sur lequel la tour se dresse comme une excroissance monstrueuse pouvant être lu comme une allusion à Mathieu 16 : 15-18 ( « je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église » ) 13 . Une allusion possible au Rocher de la Fondation (hébreu Even hashtiya ) « La pierre d’assise » du saint des saints des Temples de Jérusalem , considérée comme un point de jonction spirituelle de la terre et du ciel. Bâtie sur son rocher, tentative d’une jonction matérielle des cieux et de la basse surface terrestre dont le peintre représente avec tant d’attention les matières, la tour de Babel de Bruegel serait ainsi la perversion du Temple.

Comme Rome bâtie sur la pierre, la tour de Babel de Bruegel s'est construite sur un gigantesque rocher (détail de la Grande tour).

Cette perversion serait Rome, associée de manière récurrente à Babylone dans les pamphlets protestants. Cette utilisation du mythe de Babel dans le but de produire une allégorie politique a peut-être été inspirée par estampe anti-papiste de 1547, La destruction de la tour de Babel. Quant à l’autre tableau de Bruegel représentant le mythe, La Petite tour de Babel (1568) , ce serait « une satire de l’affection particulière que l’Église catholique porte à l’étalage des richesses et au cérémonial : l’orgueil mène la papauté à sa perte » écrit Roger H. Marijnissen. Un détail minuscule au milieu de la Petite tour de Babel semble corroborer cette hypothèse, selon J.C. Klamt : un trait rouge ressemblant à un baldaquin de procession 14 .

Détail des galeries de La Grande tour de Babel, dans le livre Pieter Bruegel. L’œuvre complet. Source : Taschen

Babel comme allégorie sociale

Dans la Petite tour de Babel, l’absence du roi Nimrod ou d’un ordonnateur de la construction de la tour semble moins souligner la vanité humaine. Dans cette version, « Brughel n’indique pas que l’entreprise est vouée à échouer, relève Roger H. Marijnissen . Mansbach écrit que ce tableau évoque un état arcadien où “la grandeur et la puissance de la productivité humaine sent rendues possibles par l’absence de la volonté téméraire d’un tyran. L’artiste fait entrevoir à ses contemporains (et au public d’aujourd’hui) une image de la cité idéale des humanistes, une Utopie terrestre” 15 ». La représentation de la tour serait en ce cas une allégorie de l’utopie .

Toute entière mobilisée par un projet supérieur, Babel « ne fut-elle pas d’une certaine manière la première ville utopique qu’aient rêvée les hommes, même si elle représente une forme de négation de la cité ? » écrit Patrice de Moncan. Malgré sa revalorisation à la Renaissance, « la Tour de Babel restera pourtant dans la civilisation judéo-chrétienne le symbole de la cité négative, l’opposée même de la cité idéale , précise l’auteur, et cela, jusqu’au XVIIIe siècle, jusqu’à ce que les Constitutions de la Maçonnerie révèlent, en 1723, un tout nouvel état d’esprit. 16 » Dans cet ouvrage, en effet, la maîtrise de la maçonnerie par les ingénieurs de la Tour de Babel fut à nouveau l’objet d’admiration.

"La petite tour de Babel" par Pieter Brueghel l'Ancien (vers 1568), huile sur bois de chêne (94 × 74 cm). Source : Wikipédia

Le mythe de la tour de Babel est une promesse d’élévation de l’humanité par la technique , d’où l’exaltation du génie humain qui transparaît dans les représentations du mythe au XVI e siècle malgré l’effondrement qu’elles figurent. Bien que l’ingénierie est au centre de la Grande Tour de Babel, sa construction n’est qu’un « amas d’erreur » ( Marguerite Yourcenar ) rendant impossible son achèvement, comme l’a prouvé Juan Benet dans La construction de la tour de Babel.

On perçoit bien les différentes strates de la construction, ici en briques à la manière romaine.

C’est une entreprise vouée à l’échec dès sa construction que représente Bruegel qui, au centre de son grand tableau, expose l’intérieur béant de la tour à la manière d’ une « leçon d’anatomie » pratiquée sur un corps architectural, comme s’il s’agissait de la « vision d’une agonie, des derniers instants d’une créature dont le corps ne serait jamais complet. 17 » comme la perçoit Juan Benet. Il s’agirait de « l’allégorie d’une société sur sa fin » symbolisée par un corps « qui revêt la forme qu’élabore en premier l’homme qui vit sous sa loi : un édifice » .

Le sommet de la tour de Babel (détail du tableau de la Grande tour).

Babel au XX e siècle, un mythe persistant

Comme l’écrit Paul Zumthor, toute représentation du mythe de la construction de la tour de Babel constitue « une dramatisation en même temps qu’une modernisation du récit biblique, dans lequel on déchiffre ou on impose une rhétorique relative aux aléas de notre histoire et aux menaces pesant sur la société d’aujourd’hui 18 » . Ce double mouvement a accompagné chacune des invocations de ce mythe depuis le milieu du XIX e siècle. Babel continue à être invoquée pour figurer les fantasmes inspirés par la technologie et l’orgueil qui peut présider à leur usage : on retrouve notamment sa tour, sous de nouvelles formes, dans Metropolis (Fritz Lang, 1928) puis Blade Runner (Ridley Scott, 1982) dont nous avons déjà évoqué les pyramides de la Tyrell Corporation . L’écrivain de science-fiction Philip K. Dick décrivait ainsi la mégalopole de Los Angeles 2019 :

Ce qui se passe c’est que, quand un immeuble devient vieux, au lieu de le démolir on lui rajoute des étages, ce qu’il fait qu’il est de plus en plus haut, comme une colonie de termites. Ça fait un effet impressionnant. Ça m’a rappelé un tableau de Brueghel, euh… La tour de Babel ; on aurait dit que ça avait été construit par des termites. 19

C’est sur la pertinence de cette réactualisation dans Blade Runner qu’a notamment portée notre analyse du film pour un ouvrage publié prochainement par les éditions Rouge Profond. En attendant, n’hésitez pas à vous perdre dans les pages de l’impressionnant ouvrage que Taschen a consacré à Bruegel . Sa tour de Babel continue à s’élever dans notre admiration, entraînant avec elle notre réflexion sur les images.

la tour de babel brueghel l'ancien

1 Voir la page du site taschen.com

2 Patrice de Moncan, Villes utopiques, villes rêvées, Paris, Éditions du Mécène, coll. « La ville retrouvée », 2003, p. 58.

3 Paul Zumthor, Babel ou l’inachèvement, Paris, Éditions du Seuil, coll. « La Couleur des idées », 1997, p. 39.

4 Shinéar où, dit-on, les ossements des morts du Déluge s’étaient accumulés.

5 Genèse , 11, 1-9, La Bible de Jérusalem, Paris, Éditions Le Cerf, 1988.

6 Juan Benet, La construction de la Tour de Babel [1990] , traduit de l’espagnol par Monique de Lope, Paris, Éditions Noël Blandin, 1991, p. 49.

7 –  8 – 9 – 10   Paul Zumthor, op. cit., pp. 42, 52, 196.

11 Patrice de Moncan, op. cit., p. 59.

12 Philippe et Françoise Roberts-Jones, Pierre Brueghel l’Ancien, Paris, Éditions Flammarion, 2011, p. 249.

13 – 14 – 15 – Cf. Roger H. Marijnissen, Brueghel, Tout l’œuvre peint et dessiné, Paris, Éditions Fonds Mercator/Albin Michel, 1988, pp. 211-219, 222.

16 – 17 Juan Benet, op. cit.., pp. 58-69, 16-17. Les agitations de ses constructeurs sont comme des « palpitations » d’entrailles « qui permettent d’étudier leur constitution et les fonctions qu’elles remplissent » .

18 Paul Zumthor, op. cit., p. 24.

19 Entretien du 10 janvier 1982 avec Gwen Lee et Doris Elaine Sauter in Philip K. Dick, Dernière conversation avant les étoiles [2000], traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Collon, Éditions de L’Éclat, coll. « Poche », 2015, p. 35.

Article écrit par Jérémy Zucchi

Jérémy Zucchi est auteur et réalisateur. Il publie des articles et essais (voir sur son site web ), sur le cinéma et les arts visuels. Il s'intéresse aux représentations, ainsi qu'à la science-fiction, en particulier aux œuvres de Philip K. Dick et à leur influence au cinéma . Il a participé à des tables rondes à Rennes et Caen, à une journée d’étude sur le son à l’ENS Louis Lumière (Paris), à un séminaire Addiction et créativité à l’hôpital Tarnier (Paris) et fait des conférences (théâtre de Vénissieux). Il a contribué à Psychiatrie et Neurosciences (revue) et à Décentrement et images de la culture (dir. Sylvie Camet, L’Harmattan). Contact : jeremy.zucchi [@] culturellementvotre.fr

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La construction de la Tour de Babel

À chaque époque, sa lecture d’un même mythe. Les représentations de la tour de Babel et de la chute de Babylone sont omniprésentes, mais elles évoluent notablement au cours des siècles. L’imagerie du Moyen Âge montre la tour en cours de construction, sous la menace de la punition divine. Une thématique qui permet aussi de découvrir dans le détail l’évolution des techniques architecturales. Avec la Renaissance et la naissance de l’humanisme, la tour devient prétexte à célébrer la science et le savoir-faire des hommes capables de se surpasser. Le Siècle des Lumières y voit l’utopie d’une humanité unie, tandis que le 19 e siècle en exploite le potentiel romantique et théâtral. Le 20 e siècle reste fasciné par un mythe qu’il décline dans tous les domaines artistiques.

La construction de la Tour de Babel

Comme souvent dans les images du Moyen Âge, les événements de l’Antiquité sont transposés à l’époque de l’artiste. Ici, il pourrait s’agir de la construction d’un château médiéval, mais le texte précise bien qu’il s’agit de la construction de la tour de Babel. La tour s’élève bien au-dessus des remparts. La structure en bois qui s’enroule autour rappelle les représentations classiques de la tour de Babel, mais ici il s’agit des échafaudages. Les tailleurs de pierre sur la droite utilisent marteau, équerre et compas pour tailler les blocs de pierre : au Moyen Âge, les représentations de la tour constituent aussi une occasion de détailler les gestes des artisans du bâtiment.

© Bibliothèque nationale de France

Construction de la tour de Babel

Dans cette représentation du chantier de la tour de Babel, son commanditaire, le puissant roi Nemrod (nommé "Nembroch"), apparaît disproportionné par rapport aux autres personnages. Il semble lever les yeux pour évaluer l’avancée de la tour qui doit atteindre le ciel, tandis qu’un maître d’œuvre sort de la construction pour saluer le roi. À ses pieds, un mortelier prépare une auge de mortier. Sur la tour, des maçons juchés sur des échafaudages sous forme de plate-forme de bois posent les pierres montées par une grue à cage écureuil. Mais la punition divine est proche : un ange envoyé par Dieu (qui figure dans un médaillon) s’apprête à attribuer à chacun un langage différent. Le multilinguisme est né !

L’arche de Noé et construction de la tour de Babel

Cette miniature du Moyen Âge se lit de gauche à droite et de haut en bas. En haut à gauche : l’arche de Noé, échouée sur le mont Ararat une fois que les eaux du déluge sont redescendues. En haut à droite : la construction de la tour de Babel avec le roi Nemrod qui en surveille le chantier. On distingue des tailleurs de pierre et des maçons ainsi qu’un système de levage qui permet de monter l’auge à mortier. En bas : l’histoire biblique fait place à l’histoire grecque, et représente la guerre de Troie.

Pavement en mosaïque de la cathédrale d’Otranto dans les Pouilles

Arche de noé et tour de babel : des mythes associés.

Arche de Noé et tour de Babel sont fréquemment associées dans les représentations. Toutes deux évoquent des épisodes de la Bible au cours desquels Dieu punit les hommes de leur impiété ou leur démesure. Dans la Genèse , après le meurtre d’Abel par son frère Caïn, l’humanité se développe dans le mal et la méchanceté. À tel point que Dieu se repent de l’avoir créée et décide d’anéantir les hommes. Mais parmi eux se trouve un juste, un seul, Noé. Dieu décide de l’épargner, lui et sa famille et prévient Noé de la destruction prochaine de l’humanité par un déluge qui submergera tout. Il lui ordonne de construire une grande arche pouvant accueillir un couple de chaque espèce vivante. Lien supplémentaire entre les deux épisodes, la légende veut que Nemrod, roi mésopotamien constructeur de la tour de Babel, ait été l’arrière-petit-fils de Noé. À droite, l’échelle évoque le "songe de Jacob", personnage biblique qui fit le rêve d’une échelle atteignant le ciel, d’où des anges montent ou descendent. Là aussi, le lien avec la tour de Babel est évident.

© Bibliothèque nationale de France

Vue de Babylone et de la ziggurat

La destruction divine de tour de babel, la tour de babel, destruction de babylone, la destruction de babylone : deux édifices distincts.

Alors que tour de Babel et ziggurat de Babylone sont souvent confondues, cette eau-forte de 1831 de l’artiste anglais John Martin les représente toutes les deux dans la même œuvre. La ziggurat, avec ses huit degrés conformes à la description d’Hérodote, est bien visible, tandis que la tour de Babel en spirale se perd dans la fumée à droite. Au premier plan, on reconnaît les mythiques jardins suspendus de Babylone, sur des galeries supportées par des colonnes.

  • 19 e siècle

Une Babylone apaisée et heureuse

Cette estampe du 18 e siècle montre une Babylone apaisée et laborieuse, loin des représentations tourmentées des siècles précédents. Toute la ville est en chantier, et les seules flammes visibles sont celles des fours à briques. La tour est presque achevée, seuls subsistent des engins de levage dans les derniers étages. Au premier plan à gauche, des briquetiers fabriquent des briques en travaillant l’argile qu’ils placent ensuite dans des moules. D’autres briquetiers procèdent au démoulage avant de passer les briques au four. Sur la droite, des morteliers préparent le mortier qu’ils transportent ensuite le long de plans inclinés, pour le livrer aux maçons en plein travail.

La tour de Babel de Gustave Doré

La tour de babel d’erik desmazières.

Les aventures du jeune Romain Alix, dessinées et scénarisées par Jacques Martin, débutent en 1948 avec Alix l’intrépide . La Tour de Babel (1981) est le 16 e album du héros, qui, traversant l’Empire romain, ne pouvait manquer de faire halte à Babylone. Les aventures d’Alix se poursuivent encore aujourd’hui : Alix a 20 ans de plus, il est devenu sénateur dans la Rome impériale d’Auguste.

  • 20 e siècle

© Éditions Casterman S. A./Jacques Martin - Editions Casterman , Avec l’aimable autorisation des auteurs et des Editions Casterman

La Tour de Babel par François Schuiten

En 2010, François Schuiten, créateur des Cités obscures , imagine pour les murs de l’université de Louvain-la-Neuve en Belgique une tour de Babel fortement inspirée de celle de Pieter Brueghel l’Ancien. Mais aucun dieu vengeur ne vient mettre fin à l’aventure de la tour. Au contraire, celle-ci, assimilée au savoir et à la lecture, est, comme ces derniers, "infinie". C’est pas la connaissance qu’on touche le ciel !

© François Schuiten

- Direction éditoriale Françoise Juhel, Éditions multimédias, BnF Édition Nathalie Ryser, Éditions multimédias, BnF Traitement iconographique Gisèle Nedjar, Éditions multimédias, BnF © Bibliothèque nationale de France, 2014 Tous droits réservés

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Orient cunéiforme

Les objets épigraphiques découverts sur les sites du Proche-Orient témoignent de la vie quotidienne, de l'univers symbolique et des modes de pensées des différentes cultures qui s'y sont succédé.

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  • patrimoineprocheorient.fr - (new window)

Diffuser la connaissance sur les sites menacés et attaqués du Proche-Orient pour permettre la poursuite des recherches et donner à voir ce que furent ces civilisations et ces sites universels.

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Le mythe de la tour de Babel

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La tour de Babel est l’un des monuments mythiques les plus connus. D’où provient ce mythe ?

Dans la Bible

« Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’Orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Shinéar (Babylonie) et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : ‘Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu !’ La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : ‘Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! » Genèse 11, 1-5.

Plusieurs éléments du récit biblique sont tirés de l’histoire de la Mésopotamie. La tour de Babel, par exemple, a probablement été inspirée par grande ziggurat de Babylone. Nabuchodonosor II l’avait fait construire en l’honneur du dieu Marduk :

« Je m’appliquai à élever l’Etemenanki, la ziggurat de Babylone, pour faire rivaliser son sommet avec le ciel. Les peuples nombreux, que Marduk m’a confiés, (...) j’offris comme hommes de corvée à Marduk, pour construire l’Etemenanki et je leur fis porter des briques (…) J’érigeai sa base sur une hauteur de 30 coudées. Un temple haut, une chapelle sainte, j’érigeai pour Marduk, mon seigneur, au dernier étage, avec art ».

La tour était perçue comme le moyen de relier le ciel, le monde divin, symbolisé par le temple sommital, avec la terre et le monde souterrain dans lequel est ancrée la base de la ziggurat. La ville de Babylone était plurilingue au moment de la construction de la tour, on y parlait l’ akkadien , écrit en cunéiforme , mais aussi l’ araméen écrit en alphabet sur parchemin. La ville elle-même abritait des populations très diverses, avec notamment des groupes de déportés provenant des villes conquises par les rois.

La légende noire de Babylone

La légende noire de Babylone, ville orgueilleuse et viciée, provient de différentes sources.

Le récit biblique est marqué par l’expérience de l’exil forcé, à Babylone, de la population de Juda par Nabuchodonosor II , après les sièges de Jérusalem de 597 et 587 av . J.-C. Les auteurs grecs et romains véhiculent aussi une image déformée de l’Orient qui était leur ennemi au temps des guerres médiques (guerres d’Athènes contre la Perse).

Au Moyen Âge, cette image noire s’est transmise et il faut attendre les premières fouilles archéologiques et le déchiffrement du cunéiforme pour que la Mésopotamie soit perçue non plus comme l’antithèse de la civilisation mais comme l’un de ses berceaux.

Dans la peinture

Avant la découverte de la tablette de l’Esagil, de très nombreuses peintures, enluminures et gravures représentent la tour de Babel en se fondant sur le récit Biblique. Rare sont les artistes qui imaginent alors une tour à base carrée.

En savoir sur Babylone

Consultez le titre consacré à  Babylone  dans la série  Patrimoine du Proche-Orient  :  archeologie.culture.gouv.fr/babylone

Médias associés

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La tour de Babel (version de Vienne) - Pieter Brueghel l’Ancien

La tour de Babel (version de Vienne) - Pieter Brueghel l’Ancien

Au premier plan à gauche, Nemrod, roi architecte, et ses conseillers visitent le chantier de la Tour. On voit un homme se prosterner devant Nemrod, alors que, selon la loi juive, nul homme ne soit se prosterner que devant Dieu.

La Bible ne désigne pas explicitement Nemrod comme le constructeur de la tour. Au chapitre X de la Genèse, après le déluge et avant l’épisode de Babel, il est dit : « Kush [=fils de Cham, petit-fils de Noé] engendra Nemrod, qui fut le premier potentat sur la terre. C’était un vaillant chasseur devant Yahvé, et c’est pourquoi l’on dit : Comme Nemord, vaillant chasseur devant Yahvé. Les soutiens de son empire furent Babel, Érek, Akkad et Kalneh, au pays de Shinéar. » (Gn X, 8-10)

On en déduit que Babel était une des capitales de l’empire de Nemrod, et que c’est donc lui qui fit bâtir la tour, bien que la Bible décrive la construction de la ville-tour de Babel comme une décision et une construction collectives. Cette dérivation du mythe biblique est très ancienne et remonte probablement aux écrits intertestamentaires dont on trouve la trace chez Flavius Josèphe, confirmée par Philon.

Dante fait de Nemrod l’un des gardiens du Puits aux Géants, qui mène, au fond du 8e cercle de l’Enfer, vers le 9e cercle. Nimrod injurie Virgile et Dante dans une langue confuse héritée de Babel : « Raphel may amech zabi ami » (Enfer, 31, 67) Et Virgile d’expliquer à Dante : « C’est Nemrod, dont la pensée mauvaise est cause qu’un langage unique n’est plus en usage sur la terre. » (76)

Bodin et Machiavel feront de Nemrod le modèle du tyran démagogue et violent. Pour Bodin, Nemrod fut le premier « qui assubjectit les hommes par force & violence » (Politique, p. 69). Mais la dimension collective du mythe de Babel est constamment défendue à la Renaissance concurremment à ces thèses (Marquez).

1. Signé et daté sur une pierre de taille équarrie en bas : « BRVEGEL.FE.M.CCCCC.LXIII. »

2. Collection de Rodolphe II.

Informations techniques

Notice #004619

Reproduction interdite. Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.

Lumières des étoiles

La tour de Babel -1563 Pieter Bruegel l’Ancien

Pieter Bruegel l’Ancien (v.1527-1569)

La tour de Babel

Huile sur panneau de bois de chêne

Dim 114 x155 cm

Conservé au Kunsthistorisches Museum à Vienne -Autriche

Peintre et graveur de formation, Bruegel est issu d’une famille d’artistes flamands bien établie. Il étudie auprès de Pieter Coecke Van Aelst (« peintre ordinaire de l’empereur Charles V ») et passe la majeure partie de sa carrière à Anvers, plaque tournante du commerce international et centre de l’édition des gravures du pays.

Il serait né entre 1525 et 1530, dans un village appelait Bruegel (dans l’actuel Pays-Bas), nom qu’il conserva pour lui-même et ses descendants . Il est admis comme maître de la guilde de saint Luc à Anvers en 1551. En 1552, il voyage en Italie, réside à Rome et travaille avec le miniaturiste Giulio Clovio.

Son premier tableau signé porte la date de 1553.

Entre 1555 et 1563, il est établi à Anvers. Il fréquente un cercle d’artistes et d’érudits humanistes et se fait inviter aux noces paysannes. Bruegel aime se mêler aux fêtes des paysans. Il sait les reproduire avec beaucoup de sensibilité et d’humour. De nombreuses peintures de Bruegel mettent en scène des paysans flamands. Il considère les gens simples comme des acteurs à part entière du « théâtre du monde ». Proches de la terre, les paysans incarnaient l’humanité à l’état brut. La représentation dénuée de sentiment et pleine de vie de leurs repas, de leurs fêtes, de leurs parties de chasse, de leurs travaux agricoles et de leurs jeux engendrèrent des œuvres très prisées par l’élite anversoise. Ces œuvres constituent un témoignage de la vie politique et sociale du XIXe.

En 1562, lorsqu’il s’installe à Bruxelles, il a atteint sa maturité artistique. En 1564 naît le premier de ses fils, Pieter Bruegel le Jeune. En 1568 naît son second fils, Jan Bruegel l’Ancien.

Certains tableaux des folies humaines de Bruegel s’inspirent de son illustre prédécesseur Jérôme Bosch.

Avec Jan Van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, Bruegel est considéré comme l’un des grands maîtres de l’école flamande.

Une cinquantaine de ses tableaux sont répertoriés aujourd’hui.

La folie humaine est un thème courant chez Bruegel.

Il a représenté ici l’épisode du roi Nemrod de Babylone (le premier roi après le Déluge, selon la légende biblique), qui défie Dieu en bâtissant une tour devant atteindre le Paradis. Pour le punir de sa vanité, Dieu divise à jamais l’humanité en dotant les ouvriers de langues multiples. Ne pouvant plus communiquer et travailler la tour s’écroule.

Ce récit apparaît dans la Genèse, le premier livre de la Bible, peu après le Déluge.

Situant son histoire en partie dans le passé mais aussi dans sa propre époque, il présente la tour comme un mélange entre le Colisée et une représentation de chantier, avec des matériaux, des outils et des techniques de son époque, détaillés avec soin.

  Ce tableau est la première version de la tour de Babel. Bruegel peindra une deuxième version de plus petite dimension, en 1568.

Composition

Organisée en trois plans, cette composition témoigne d’un sens aigu de la conception.

Un premier plan avec les personnages principaux du tableau Un deuxième plan centré sur la tour et ses activités, occupe une grande surface du tableau. Un troisième plan est la ville entourant la tour. C’est un paysage côtier, un paysage hollandais qui est familier au peintre. A gauche se déploie une ville flamande, Anvers avec une profusion de maison typiquement hollandaises aux toits gothiques et des édifices religieux. A droite on observe des tours de gai et une enceinte fortifiée.

La tour est au centre du tableau. Elle est représentée légèrement penchée. Sept étages sont construits, le huitième est en cours. Le peintre  peint des nuages autour du sommet pour montrer que sa tour touche le ciel. Sa construction est extrêmement détaillée et reprend l’architecture du Colisée romain. On reconnait les doubles arcades sur les façades de la tour inachevée. L’édifice est composé de galeries superposées qui forment deux spirales de pierre dans un mouvement d’enroulement. Les étages ne sont pas alignés horizontalement et leur diamètre va en diminuant. Les arches sont construites perpendiculairement au sol qui lui n’est pas horizontal ce qui donne l’impression que la tour est penchée prête à s’écrouler.

Ce choix de représentation génère des lignes en diagonale et le moins d’angle droit possible.

Le regardant a une vue en plongée sur l’horizon.

La composition rassemble un ensemble de scénettes caractéristiques des représentations de Bruegel. Les personnages sont minuscules. Le regardant les devine.

Au premier plan, en bas à gauche du tableau, en visite sur le chantier, le roi Nemrod accompagné de son architecte et de ses gardes, visite les tailleurs de pierres qui se prosternent à ses pieds. Cette prosternation est une attitude orientale qui est la seule allusion au moment et au lieu du récit. Le peintre habille ses personnages avec des vêtements du XVIe hollandais.

En reprenant la perspective atmosphérique des Italiens, Bruegel dilue les montagnes dans une lumière bleutée. Il donne de la profondeur à sa composition  en faisant serpenter le cours du fleuve l’Escaut,  jusqu’à la ligne d’horizon.

Le tableau est composé principalement de couleurs froides à l’exception de la tour représentée avec des tons ocres qui l’éclairent.

Vivant dans la ville cosmopolite d’Anvers et ayant voyagé en Italie et en France, Bruegel était conscient de la diversité des langues et de l’ambition sans limite des hommes.

Bruegel peint ce tableau à son retour d’Italie. Avec l’esprit de la Renaissance, ce tableau revisite un épisode biblique et la transpose dans la vie quotidienne au XVIe.

Le roi Nemrod habillé à la mode Renaissance, évoque le roi Philippe II d’Espagne. Au moment où Bruegel peint ce tableau, Philippe II règne sur les Pays-Bas.

I – On a l’impression de se trouver devant un chantier de bâtisseurs dans le décor quotidien d’Anvers.

Les ouvriers de la tour représentent les artisans d’Anvers, Bruegel saisit la vie du peuple dans toute sa diversité. Chaque scénette détaille leurs techniques de construction. Sur la route les ânes tirent les charrettes. Sur la tour, à mi-hauteur, une grue hisse les blocs de pierre. On observe un ouvrier grimpant à une échelle.

Le mur d’enceinte construit autour d’Anvers en 1542 apparait à droite du tableau et dans le lointain à gauche du tableau, derrière les maisons. Les enchevêtrements des toits ocres et bleus représentent une ville en pleine expansion. Anvers est une plaque tournante de l’Europe au XVIe.

  Une perspective infinie de vallées, forêts, champs, enveloppée de tons verts et bleus organise un panorama d’une grande beauté. L’eau, la terre et le ciel offrent au regardant un condensé des splendeurs de la nature.

II – Ce tableau traduit un sens aigu du pittoresque

Bruegel démontre que l’échec de la tour n’est pas dû à une différence linguistique posée par la malédiction divine mais plus à une mauvaise ingénierie structurelle.

On observe que les fondations et les couches inférieures de la tour n’ont pas été finies et on voit encore l’intérieur du bâtiment sur le haut de la tour. Bruegel s’intéresse à représenter les capacités de constructions humaines. Il représente des activités et des procédés de construction moderne de son époque avec les échafaudages, un appareil de levage, les tailleurs de pierres. Il représente un port où sont livrés les matériaux nécessaires à la construction de la tour avec des grues et des barques qui déchargent les bateaux.

Bruegel a voulu cette confusion entre les époques. Il a adapté le récit à son époque contemporaine. Et montre la suprématie technique et l’innovation de son peuple et le met en avant avec l’immense port marchand qui est le reflet de la grandeur hollandaise.

III – Bruegel renonce à donner une signification religieuse et tragique à la scène.

  Le tableau illustre un défie humain, voué à l’échec. Située dans un paysage grandiose, cette composition où fourmillent de nombreux personnages dénonce la vanité de l’existence. Les personnages ont une vraie présence physique. Ils illustrent le drame de l’humanité.

En assimilant Anvers à sa tour de Babel Bruegel transmet un message : Quel est l’avenir d’Anvers. Même multilinguisme à Anvers que pour la tour, les voyageurs du monde entier commercent dans la ville.

La tour de Babel disperse fragmente et désunit.

L’essor démesurer de la tour assimilé à celui de la ville ne la conduira-t-il pas au chaos final ?

Bruegel met en garde contre l’effondrement de la communication.

Apprendre à communiquer entre peuple est d’une importance vitale.

Le contraste entre la splendeur de la nature et la tour de Babel fait de la tour une œuvre humaine gigantesque et dérisoire.

Les peintures de Pieter Bruegel l’Ancien correspondaient aux goûts raffinés de l’élite flamande.

Son style d’apparence rustique était en réalité très complexe et méditatif. En traduisant ses thèmes religieux dans un langage local proche du sien, il se fit un nom parmi les amateurs d’art.

Bruegel fut un observateur attentif non seulement des gens mais aussi de leur environnement. Pour la première fois dans l’histoire de la peinture, la classe rurale est humanisée dans une vision objective.

Ses paysages offrent un témoignage vivant de son univers, de même que les cadres poétiques de ses récits.

Les historiens disent qu’il est le premier peintre occidental à avoir fait des paysages un thème central et non des arrière-plans de scènes historiques ou autres. Bruegel ouvre l’art à la peinture rurale, à laquelle Robert Campin et Van Eyck apporteront ses lettres de noblesse.

L’unité de ses compositions, son talent narratif et son intérêt pour les paysans en font un artiste inclassable dans l’histoire de l’art.

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The story of the Moscow gold: How the Spanish war was lost

Francisco Olaya 'El Oro de Negrin'

(Ediciones Madre Tierra, Mostoles 1990)

This book is the product of almost thirty years investigation, involving examination of thousands of books and pamphlets, around a million documents, and the combing of 32 archives in Spain and beyond. Olaya's work is an attempt to come up with a satisfactory explanation of the denouement of the Spanish civil war. He is highly critical of the leadership of the PSOE (Socialist Workers Party of Spain, now in power) during the civil war.

In great and documented detail Olaya examines the whole topic of what has hitherto been known as the 'Moscow gold' and which he re-christens 'Negrin's gold', gold to the tune of 5,500 million pesetas (1937). About half of this sum wound up in the Soviet Union. A small portion went to France. The remainder passed to the republican government's purchasing commissions, set up by Indalecio Prieto of the PSOE to obtain war material.

In 1954 Jose Peirats was commissioned by the CNT -in-exile to write his monumental five volume 'La CNT en la revolucion espanola'. In the course of his researches he was accorded access to documentation belonging to the CNT and in London in the keeping of Polgare. When Polgare died in 1957, access to the documents was offered to Olaya by CNT colleagues aware of his researches. Among the documents, he discovered copies of 52 letters written to Negrin by his special agent, identified only as 'C'.

One of the reports from 'C' is an account of an exchange between Salvador do Madariaga (the philosopher and original wartime Ambassador to Britain) and the British Foreign Minister, in which British preoccupation with helping the Francoist side was evident. Olaya, using textual clues, attempted to Identify 'C'.

At first Olaya suspected one Calvino, who had figured in all the Purchasing Commissions ('C' had complained of corruptions by these commissions). Calvino however denied this and further investigations led Olaya to conclude 'C' had been PSOE luminary Celestino Alvarez. This was confirmed to him by two agents who had been operating on behalf of the CNT - FAI in Paris at the time. Further inquiries led Olaya to records from Turkish customs and cargo checks (by a French secret agent) of shipping that passed through the Dardanelles en route to Spain with foodstuffs and war materials. Olaya lists this information in an appendix to his book.

A record of the accidental discovery (at the bottom of a crate of goods being returned to the USSR as defective or unusable) of gold led Olaya to query the conventional account of the shipment of Spain's gold reserves to the USSR 'for safe keeping'. Other seemingly unrelated evidence led to the conclusion that, aside from the usual shipments, gold was removed from Spain via the diplomatic pouch to Prague and, also, unrecorded, aboard other vessels.

Olaya holds that the war was lost by the republic due to corruption in the Purchasing Commissions plus the failure of Negrin and Prieto (when so informed by 'C') to take remedial action.

Olaya argues that half of the gold reserves were was sent to the USSR and half to France, partly for their use of the Purchasing Commissions and partly to open accounts in the name of specific individuals… an account in Negrin's name held 390 million francs, one in the name of Julio Lopez Masegase held 198 millions. Olaya's book details all these. He says that so far no account has been taken of the assets seized from Franco's supporters, reckoned at almost three times the value of the gold held in Spain's treasury.

Franco was later able to recover a part of what had been described as Negrin's personal treasure. Negrin's ability to realise the value of his gold in France makes nonsense of the claim that gold had to be removed to the USSR for safekeeping. Olaya states: 'I wanted to check out everything sold by C who was Negrin's informant on activities taking place abroad but I wanted confirmation from other sources. To my surprise, I was to amass a wealth of documents that confirmed and expanded upon the whole business'.

In 1988 Olaya's book in manuscript was a finalist for the 'Espejo de Espana' prize awarded by Planeta publishers. However, Planeta refused to publish it, as did all of the other major publishers in Spain. As a result, the book has been issued by Ediciones Madre Tierra (Mother Earth) of Mostoles. Its author claims: 'The book is based on documents and we are not championing any interests or making partisan propaganda, merely telling the whole truth'.

The book's appearance has coincided with a PSOE desire to sell itself to the electorate under the slogan of '100 years of Integrity with the Socialist Party'. Olaya himself has explained 'it may appear that the book has emerged at an opportune time, but no, that is mere coincidence'. ~ Paul S.

In KSL: Bulletin of the Kate Sharpley Library No. 1 [1991]

  • Negrin Lopez, Juan (1887-1956)
  • Olaya, Francisco
  • Partido Socialista Obrero Espanol PSOE
  • Russia / Russian Empire / Soviet Union
  • Spanish Revolution and Spanish Civil War SCW

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Category : Twelve views of Moscow by Gérard de la Barthe

The Views of Moscow by Gérard de la Barthe - a set of engravings after De la Barthe's originals - was completed around 1799 as endorsed by Emperor Paul I. The originals were created around 1795-1797 and then engraved by F. B. Lorieux, M. G. Eichler, P. J. Laminit, G. C. Oberkogler and other engravers in Western Europe.

French title: "De la Barthe d'après. Vues de Moscou. Douze gravures d’après les dessins de De La Barthe qui a vécu en Russie pendant plus de 20 ans. Les gravures étaient publiées avec le privilège de l’Empereur Paul I et aux frais de Jean Watser, négociant de la 1ère classe, en 1799."

  • Vue de la Place Staraya à Moscou; gr. Guttenberg; 48,3 x 69,8 cm
  • Vue de la Mokhavaya et de la Maison Pachkov à Moscou; gr. Lorieux ; 49,8 x 69,8 cm
  • Vue du bain de Serebrenechesky et de ses environs à Moscou; gr. Eichler; 51,6 x 72,6 cm
  • Vue du Pont Kamenny et de ses environs à Moscou prise du petit pont de bois près de la Tour du Coin; gr. Eichler; 47,8 x 70,7 cm
  • Vue de la ville de Moscou prise de la gauche du balcon du Palais Impérial; gr. Eichler; 48,6 x 70,3 cm
  • Vue du Kremlin et de ses environs à Moscou; gr. Lorieux; 47,3 x 70 cm
  • Vue de la ville de Moscou prise de la droite du balcon du Palais Impérial; gr. Eichler; 47,2 x 69 cm
  • Vue du Kremlin à Moscou prise du pont Kamenny; gr. Eichler; 47,9 x 70 cm
  • Vue de la Place de Podnovinsky à Moscou, où l’on voit les balançoires pendant les fêtes de Pâques; gr. Guttenberg; 47 x 69,5 cm
  • Vue des montagnes de glace pendant le Carnaval à Moscou; gr. Oberkogler; 47,8 x 70 cm
  • Vue de la porte Spassky et des environs à Moscou; gr. Laminit; 49 x 74 cm
  • Vue du pont Yaouzsky et de la maison de Chapkin à Moscou; gr. Lorieux; 54 x 73 cm

Later, their work was copied and reissued by other publishers, so the same view exists in many variants, black-and-white or coloured. The definitive original set contains:

  • Staraya Square
  • Mokhovaya Street - Pashkov House
  • Serebryanicheskie Baths on the Yauza River
  • Kamenny Bridge (view from east to west)
  • View (east) from the balcony of Grand Kremlin Palace
  • View of Kremlin and Kitai-gorod from the embankment
  • View right (west) from the balcony of Grand Kremlin Palace
  • Moskva River west of Kamenny Bridge (view from west to east)
  • Podnovinskoe fairground (present day Novinsky Boulevard)
  • Snow rides at the walls of Kremlin (present-day Aleksandrovsky Garden)
  • Kremlin. View towards Spasskie Gates
  • View of Yauza Bridge and Shapkin House (better known as commons:Tutolmin House )

Media in category "Twelve views of Moscow by Gérard de la Barthe"

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Décès de l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov

  • le 10/12/2019 à 11:23
  • Modifié le 10/12/2019 à 11:42

Lecture en 1 min.

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Décès de l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov

Le président russe Vladimir Poutine et l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov (d) en septembre 2016 au Kremlin, à Moscou / POOL/AFP/Archives

Iouri Loujkov, le maire qui de 1992 à 2010 transforma Moscou la grise en une capitale effervescente du luxe, est mort à 83 ans, sa réputation étant entachée de nombreuses accusations de corruption.

La chaîne de télévision publique Rossiya 24 a annoncé mardi que l'ancien maire de Moscou est décédé en Allemagne alors qu'il subissait une opération du coeur.

"Je suis sincèrement désolé que cet homme énergique et joyeux, qui a dirigé Moscou durant la difficile période post-soviétique et a fait beaucoup pour la ville et les Moscovites, soit parti. Mes condoléances à sa famille et ses proches", a écrit sur Twitter l'actuel maire de Moscou, Sergueï Sobianine.

Décès de l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov

Le président russe Boris Eltsine (g) et le maire de Moscou Iouri Ioujkov, le 5 mai 1998 à Moscou / POOL/AFP/Archives

Nommé par le président Boris Eltsine à la tête de la mairie en 1992, Iouri Loujkov avait transformé la capitale russe de façon controversée, affrontant d'innombrables accusations de corruption et critiques pour avoir détruit des bâtiments historiques victimes de spéculation immobilière.

Son épouse, Elena Batourina, a justement fait fortune dans l'immobilier et le bâtiment à Moscou et reste, selon le magazine Forbes, la femme la plus riche de Russie, pesant 1,2 milliard de dollars

Figure majeure de la scène politique russe, un temps pressenti pour succéder à Boris Eltsine comme président à la fin des années 1990, Iouri Loujkov avait été démis de ses fonctions par le Kremlin en 2010, après avoir "perdu la confiance" du président Dmitri Medvedev et de son Premier ministre d'alors, Vladimir Poutine.

Décès de l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov

Le maire de Moscou Iouri Loujkov, le 15 mai 2010 à Moscou / SPUTNIK/AFP/Archives

Nationaliste, orthodoxe affichant sa dévotion, ce petit homme rond et énergique semblait jusqu'alors indéboulonnable malgré les accusations des médias et de ses opposants qui l'accusaient d'avoir mis la capitale russe en coupe réglée avec son épouse.

Iouri Loujkov a été remplacé par un fidèle de Vladimir Poutine, Sergueï Sobianine. Après son limogeage, il avait quitté le parti au pouvoir "Russie unie" et s'était retiré de la vie politique, faisant peu d'apparitions dans les médias.

Il entretenait une passion pour les abeilles

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  1. The Tower of Babel, Pieter Bruegel the Elder 1563. Pieter Bruegel El

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COMMENTS

  1. La Tour de Babel (Brueghel)

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  4. The Tower of Babel

    The Tower of Babel. Bruegel's monumental composition became the most famous, most often copied and varied classic depiction of the tower. Perspective is provided by the seemingly Flemish port which seems tiny in comparison with the tower. Painstakingly, and in encyclopaedic detail, Bruegel depicts countless technical and craftsmanship processes.

  5. The Tower of Babel

    The Tower of Babel Pieter Brueghel l'Ancien 1563. Kunsthistorisches Museum Wien Vienna, Autriche ... Durée de vie du créateur: ca. 1526/30 - 1569; Nationalité du créateur: flemish; ... Pieter Brueghel l'Ancien. Oil paint. Architecture. Bois. Renaissance. Renaissance flamande.

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    La tour de Babel, de Pieter Bruegel l'ancien . Le peintre Pieter Bruegel l'Ancien est né entre 1520 et 1530, à Breughel, près de Breda, aux Pays- ... La tour de Babel Pieter Bruegel a peint ce tableau en 1563. C'est une ... Brueghel, qui ont repris l'idée de Bruegel pour faire leur propre tableau, comme

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